Littérature

Sauvage par nature – Sarah Marquis

Il est plutôt rare d’entendre parler de quelqu’un qui a traversé 6 pays, de la Sibérie à l’Australie, à pieds, pendant trois ans. Encore plus quand ce quelqu’un est une femme. Découvrez le récit de Sarah Marquis dans Sauvage par Nature !

Sarah Marquis est Suisse. Le 20 juin 2010, elle commence la traversée de deux continents et de six pays (la Sibérie, la Mongolie, la Chine, le Laos, la Thaïlande et l’Australie). Elle parcourt près de 10000 kilomètres pour arriver, trois ans plus tard, au sud de l’Australie. Sarah Marquis n’en était pas à son coup d’essai : elle fait sa première longue randonnée en solo dans l’Ouest des États-Unis en 2000 ; puis 17 mois de marche du Nord au Sud de l’Australie de 2002 à 2003 ; la traversée de la Cordillère des Andes, du Chili au Machu Pichu en 2006 ; et enfin, la plus grande de ses marches dont nous allons parler dans cet article.

Sa question est “est-ce que, en tant que femme venue d’un pays occidental, j’arrive à m’intégrer et à survivre seule dans la nature ?

Coupés de la nature que nous sommes en Occident, il est difficile de trouver sa part d’animalité et de savoir survivre en milieu naturel. Sarah Marquis ne déroge pas à la règle, c’est pourquoi chaque expédition est une grosse préparation : avant de se lancer, elle fait des réserves dans son corps et n’hésite pas à prendre 20 kilos. Elle a un sac à dos d’une trentaine de kilos dans lequel se trouve sa tente, son sac de couchage, ses GPS… Plus une charrette de 50 kilos qu’elle tire/pousse/porte sur tous les kilomètres parcourus, contenant sa nourriture et ses réserves d’eau. Elle connaît les plantes comestibles, sait chasser, mange des insectes (bien qu’elle soit végétarienne) et connaît les subtilités de la nature, dans un seul but : survivre.

Pas sans peines….

Alors évidemment, marcher seule trois ans durant, en milieu hostile ne se fait pas sans quelques tracas. Elle connaît la faim et la soif. Elle circule dans des conditions extrêmes, affronte des vents violents, le froid (elle a dormi dans le désert de Gobi par -55°C). Elle n’utilise pas de lampe la nuit pour ne pas être repérée, ni par les Hommes, ni par les animaux. Elle urine autour de sa tente pour éloigner les loups. Elle est obligée de trouver des techniques pour ne pas se faire attaquer et masque son odeur autant que possible (détail assez fou, les animaux sentent l’odeur de la “femelle humaine”). Bref, elle doit devenir “sauvage”.

À la question de l’entité qui la terrifie le plus sur son itinéraire, entre les animaux, la météo ou l’humain, elle répond tout naturellement… l’humain. Elle a fini par comprendre les intentions des animaux et à anticiper le danger ; elle a compris comment épouser la nature pour en faire une alliée et non une ennemie ; mais l’humain et ses intentions n’ont pas toujours été évidents. C’est la raison pour laquelle elle s’habille en homme et se terre loin des villes et des villages, pour limiter les agressions. Sa féminité ? Elle l’oublie.

Photo de sa page Facebook

Tout ça pour quoi ?

Elle renoue entièrement avec le côté sauvage en elle-même. Elle se reconnecte  à 100% avec son instinct et fait de la nature sa protectrice et sa meilleure amie. Et la peur alors ? Elle ne cache pas qu’elle a peur tout le temps. Mais c’est une peur saine, elle est essentielle et instinctive, cela lui permet de survivre.

Finalement, en plus de renouer avec son moi intérieure, elle capture ces moments que la nature lui met devant les yeux : un levé de soleil, un troupeau de dromadaires passant à quelques mètres d’elle, un désert de sable blanc… C’est la vie qu’elle a choisie, dans toute sa simplicité.

Cette vie trépidante lui a valu d’être nominée “Aventurière de l’année” par le magazine National Geographic, entrant dans “le top 10 des géants de l’aventure” pour l’année 2014.

Si sa vie vous intéresse, je vous conseille vivement de lire ces quelques livres : l’Aventurière des sables (traversée de l’Australie) ; Déserts d’altitude (traversée de la Cordillère des Andes) et, bien sûr, Sauvage par Nature. Ce sont des livres courts qui se lisent facilement (mais dans lesquels j’aurais personnellement aimé avoir plus de détails).

J’ai aussi trouvé sa chaîne YouTube qui relate ses interviews et quelques vidéos de ses expéditions. En voici une qui résume bien ses aventures :

Ce récit, en plus de nous faire rêver, nous fait nous interroger sur notre propre rapport à notre côté sauvage et animal : serions-nous capables de vivre en symbiose avec Mère Nature ? En tout cas, ça donne presque envie de faire pareil.

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