Littérature

Rébellion – Femen

Mais pourquoi un article sur ces adoratrices de Satan, qui font des prières démoniaques, enroulées dans du jambon enduit de sauce à l’artichaut les soirs de pleine Lune ?

J’avais à peu près ces pensées lorsque je tenais leur livre entre mes mains. Mais ma curiosité étais plus forte. Je voulais savoir ce qu’elles avaient à dire.

Un peu d’histoire. FEMEN voit le jour en Ukraine en 2008, lorsqu’un groupe d’étudiantes décide de monter un mouvement pour protester contre l’industrie du sexe, à coup de campagnes de lutte contre le tourisme sexuel et l’exploitation sexuel des femmes. Malheureusement, dans le contexte politique Ukrainien de l’époque, la question des droits des femmes passait alors inaperçu. C’est en 2009 que le mouvement se développe à l’international. En 2010, elles décident de changer de tactique et font leurs premières manifestations seins nus. C’est le 17 août 2012, lorsque Inna Shevchenko abat à la tronçonneuse une croix en bois haute de 8 mètres, dans le centre de Kiev (érigée dans l’illégalité par des activistes chrétiens de la Révolution orange de 2004) que le mouvement va prendre de l’ampleur et se forger la réputation que l’on connaît.

Pourquoi manifester seins nus ?

Les manifestations seins nus ont pour objectif de décupler la puissance de leurs manifestations. Ces deux amas principalement constitués de graisse et destinés, à la base, à nourrir les nourrissons sont érigés au statut d’objet sexuel et déchaînent les foules. Puisqu’ils sont plus efficaces que des discours, les Femen en ont fait leur arme.

Quels sont leur combat ?

N’oublions pas ce qu’est la liberté, celle pour laquelle nous nous battons. La liberté d’expression, la liberté de la presse, le droit de manifester, le droit de syndiquer, le droit de circuler sans être victime d’arrestation arbitraire […]”. Les Femen combattent toute idée ou mouvement qui fait gage d’injustice ou de discrimination envers des communautés ou personnes. Elles veulent l’abolition de la prostitution, considérant cette pratique comme une forme de trafic humain. Elles luttent contre les violences faites au femmes, contre la culture du viol. Elles se battent pour le droit des femmes à disposer de leurs corps ; pour le droit des communauté LGBT ; pour la liberté d’expression… Ceci est une liste non-exhaustive des combats qu’elles mènent.

Les méthodes employées lors de leurs actions portent à débat. Bingo, c’est l’effet voulu. Tout est orchestré pour faire le plus de bruit possible. Susciter la polémique est le moyen qu’elles ont trouvé pour faire passer leurs messages, marquer les esprits et faire réfléchir. Par exemple, en 2015, dans le cadre d’une action contre la prostitution, une Femen s’est assise sur une Ferrari de luxe en criant “Mon corps n’est pas ton business” lors du grand prix de Formule 1 à Montréal. Son action a suscité débats sur des tribunes, mettant en lumières le côté sombre de tels événements. Puis des messages de femmes prostituées, remerciant les Femen d’avoir enfin parlé d’elles, leur sont parvenus en grand nombres.

Femen = violence ?

Les actions des Femen peuvent être blasphématoires, certes. Mais pas violentes.

Elles manifestent seins nus dans les églises, dans la rue ou lors d’événements, avec pour seules armes… leurs voix et leurs corps. En toute vulnérabilité, elles se mélangent aux foules qui les repoussent souvent violemment, sans culpabilité. Quid des arrestations dont elles font l’objet qui, elles, pour le coup, sont violentes ?  De ces gens qui les frappent ou les insultent ? De leurs emprisonnements ? La vraie violence n’est pas pointée du bon côté.

 

Cet article fait l’objet d’un résumé de leur livre Rébellion, dans lequel les Femen parlent de leur vision des choses et de leurs actions. On en apprend beaucoup, non seulement sur leurs combats, mais aussi sur le contexte politique et sociétal de certains territoires, puisqu’il est hyper bien documenté et argumenté. Elles racontent leurs luttes avec souplesse et intelligence, sans chercher à rallier qui que ce soit à leur mouvement : ce livre a pour but d’informer. En somme, c’est une belle découverte qui fait porter un autre regard sur ces femmes.

Pour aller plus loin, regarder le film Naked War de Joseph Paris, qui a filmé les Femen pendant plus d’un an.

 

Rébellion a été publié en 2017 chez des femmes-Antoinette Fouque.

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