Littérature

Le pouvoir – Naomi Alderman

J’écris cet article à chaud, quelques minutes après avoir fini ce livre qui m’a laissée coite. Woaw.

Imaginez un monde où les femmes développent un pouvoir. Il émane d’un organe qu’elles sont les seules à posséder et, d’un simple contact de la main, elles peuvent électriser (de manière contrôlé) quiconque se trouve sur leur chemin. Cette particularité prend forme dans le corps des jeunes adolescentes, qu’elles peuvent ensuite transmettre à leurs consœurs comme une traînée de poudre. Ça y est, toutes les femmes de la terre ont l’avantage physique sur les hommes. Mais alors, que se passe-t-il dans ce monde là ?

Ce monde est raconté à travers les histoires de plusieurs personnages qui se retrouvent liés dans leurs rapports à ce pouvoir. On y suit la manière dont celui-ci se développe à travers eux et comment il influence la suite de l’histoire du monde. Tout est renversée : la religion, dans laquelle Dieu n’est plus “Il” mais “Elle” ; la politique, dans laquelle les femmes, inspirant le respect, prennent la main sur la gestion de leurs pays, créant même un État totalitaire gynocratique ; la peur des hommes envers les femmes, qui baissent les yeux lorsqu’ils les croisent en bande alors qu’ils se promènent seuls une fois la nuit tombée…

Bien que ce récit ait un aspect jouissif, en mode “eh les mecs, vous voulez savoir ce que c’est d’être une femme ? Bah lisez ce livre, et vous verrez ce qu’on subit”, il a quelque chose d’extrêmement dérangeant. Le pouvoir ne fait pas seulement état de cette capacité qu’ont les femmes à électriser n’importe quel individu. Le pouvoir dépeint une société où la loi du plus fort règne, où la crainte et la haine de l’autre son maîtresses. Peignant d’une manière plutôt satirique notre monde réel, ce livre montre également que cette fameuse loi du plus fort n’est pas du tout une manière de faire régner la paix sur le monde. Non, on n’acquiert pas la paix par la force et une société gynocrate ne serait pas forcément plus apaisée qu’une société phallocrate. Que jamais rien ira tant qu’un groupe d’humains sera oppressé par un autre, quel que soit son genre, sa nationalité, sa religion, et j’en passe.

Je n’en dis pas plus pour que vous ayez plaisir à lire ce livre. Il se lit facilement, le style est fluide et l’histoire hyper captivante. Je vous le conseille mille fois ! Et rêverais aussi de le voir adapté au cinéma.

 

Roman publié en 2018 chez Calmann-Lévy

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